Hier, après une déconvenue matinale, je décidai de lancer ma quête vers la citadelle de l’History, le cœur tourné vers l’énigmatique Eva. Mais les dieux n’étaient pas de mon côté… une sieste traîtresse et un mal de crâne perfide eurent raison de ma volonté : j’arrivai aux portes de l’arène treize minutes après la fin du Happy Hour. La loi des séries frappait encore : jamais deux sans trois !
Au comptoir des péages, ma carte subit une double lame : 3,5 % de tribut et, pour avoir choisi le mauvais mode (débit au lieu de crédit), une taxe de 22 pièces d’or s’abattit sur moi. Premier sang.
Dans les vestiaires, un rayon de lumière : Eva, enfin, apparaissait. Je revêtis mon armure de combat et allai m’installer sur les canapés, dans une atmosphère lourde et moite. Ricarda, Ella, Antonia menaient leur ronde de prédatrices, mais leur maquillage, leurs artifices de silicone et de botox ne parvinrent pas à m’ensorceler.
Eva, la perle tant convoitée, était déjà occupée par un ourson. J’attendis. Lorsqu’elle se retrouva seule au bar, je saisis ma chance. Mais elle, polie et gracieuse, m’expliqua qu’elle devait attendre le retour de son compagnon du moment. Promesse d’un “après”.
Cet “après” fut repoussé encore : elle revint vers moi pour annoncer que son repas l’attendait. Comme un chevalier patient, j’acceptai d’attendre. Trente minutes plus tard, la fatalité frappa encore : son premier prétendant la rappela pour une heure supplémentaire. La malchance s’acharnait.
Je croisai alors Rose, insaisissable, et Martha, appétissante mais toujours occupée. Le destin semblait me barrer la route. Découragé, je tentai de récupérer les jetons de mes deux sessions… hélas, refus sec : “nein, leider”.
Alors je me jurai : la prochaine venue, peu importe, serait la bonne. Je pris une nouvelle douche pour évacuer la chaleur de l’arène. Et là, miracle : Eva m’intercepta. « Si tu es toujours d’accord, dans cinq minutes je suis disponible. »
Je n’y croyais plus. Nous nous assîmes, elle me proposa de poursuivre sous la fraîcheur d’une chambre. Pourri pour pourri, pensai-je, allons-y. Mais mes aïeux ! Quelle révélation. Aucun regret. Eva se révéla être une gemme rare, un concentré de douceur et de passion.
J’étais venu pour une heure, mais au bout de dix minutes je lui offris deux. Jamais de mémoire une muse ne m’avait embrassé ainsi. Un véritable trésor, un bonbon.
Dans ma légende personnelle, Eva prend désormais la première place. Une rencontre inoubliable. Et, si les dieux le veulent, récidive à mille pour cent.